Depuis que je me décore les oreilles, je me demande d’où me vient ce désir, ce besoin de mettre des boucles, quel intérêt ?
Wikipédia me raconte que les lacaniens considèrent que la boucle d’oreille permet de pallier l’absence de phallus chez la femme, que c’est un objet de substitution. J’adore. Comme si ça nous manquait, franchement. Je vous épargne le dessin de la femme arborant une petite bite sur chaque oreille. Et je ne parle pas des autres théories tout aussi délirantes, typiquement masculines phallocratiques sur le caractère sexuel des boucles d’oreilles.
Je regarde les femmes, je regarde leurs visages, celles qui en portent, celles qui n’en portent pas, maquillées, pas maquillées, coquettes, sobres, naturelles. Les femmes sont belles. Très souvent. Presque tout le temps.
Les plus belles sont celles qui ont confiance en elles, celles qui sont à l’aise dans leurs baskets.
Les boucles d’oreilles sont doubles, en général identiques. Elles encadrent le visage, accentuent sa symétrie, son équilibre, son harmonie.
Contrairement à ce que j’ai lu, les boucles n’attirent pas l’oeil sur les oreilles (sauf cas de fétichisme avéré), elles décorent, elles mettent le visage en valeur, celles collées à l’oreille, brillantes ou colorées, les pendantes qui se balancent au rythme du corps, les très longues qui caressent le cou et celles dissimulées par les cheveux qui jaillissent au gré de l’ondulation de la chevelure.

Moi, quand je mets des boucles d’oreilles, je me sens plus importante, plus belle et pas seulement pour les autres, pour moi d’abord, je me respecte, j’accepte de me mettre en valeur.
Je me tiens plus droite, surtout si les boucles sont longues et mobiles, je me tiens la tête haute, bien haute et cela accentue ma confiance en moi-même, comme ce rictus appelé sourire qui chasse le désespoir, le contenant qui intervient sur le contenu.
Et puis les boucles jouent la distinction, elles se font médailles, deviennent notre légion d’honneur : les boucles précieuses pour celles qui souhaitent montrer leur niveau de vie, les originales pour les baba cool, les colorées, assorties ou pas aux vêtements, les discrètes pour celles qui rasent les murs, les monstrueuses pour se faire remarquer, les classiques, elles nous représentent, correspondent à notre caractère, à celui du jour, celui du moment ou de l’occasion, elles décorent des vêtements de plus en plus sobres.
En les portant, je reconnais j’accepte ma féminité. Pour autant, je n’ai aucunement le sentiment que cela soit sexuel. Parfois. Pas tout le temps. Pas plus que tout élément qui me met en valeur, pas plus que le brillant de mes cheveux propres, pas plus qu’une remarque fine et bienvenue qui fait que l’autre me remarque, pas plus que ces bottines qui soulignent mes mollets, pas plus que…
Alors, la boucle d’oreille, symbole sexuel ?
Marie Anne , je suis épatée ! Quel plaisir de te lire ! Continue …Mais c’est ennuyeux , avant toute chose me voilà quotidiennement « accro » à tes écrits …de quoi devenir encore plus accro à l’ordi !!!ouille ! Bise !Edith
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