
Je ne vais pas évoquer les trous intentionnels des jeans d’ados en crise mais les trous issus d’une cohabitation prolongée et fusionnelle. Ils n’ornent jamais les vêtements méchants, ceux qui grattent compriment ou incommodent, ni ceux qui exposent vos sueurs, ni ceux qui vous ridiculisent, trop longs trop petits, trop colorés, pas adaptés à votre teint. Non, les trous agrémentent vos effets favoris mis un nombre incalculable de fois, lavés de même et de ce fait, devenus des doudous d’une douceur et d’une tendresse incomparable.

Bien sûr, certains évoqueront le raccommodage, cet horrible mot en forme de reproche. Nos vêtements doudou ont le droit de vieillir tranquillement, sans qu’on vienne les incommoder avec des reprisages douteux issus de principes bien ancrés en nous mais sur quelle fondement ? Faut-il absolument que tout soit parfait tout le temps ?

J’avoue prendre un plaisir inavouable à oser porter un vieux vêtement, arborant avec fierté ses marques de vieillesse, j’y vois ma rébellion jamais aboutie qui perdure, me rapprochant ainsi dangereusement des ados à trous…
Il n’y a que ma sœur pour transfigurer du rapiéçage en oeuvre d’art.

Sublimer le quotidien, c’est chouette, non ?
Quel bel hommage, il est vrai que jeune à Alger, j’envoyai par la poste mes chaussettes à repriser à notre grand-mère Brun, rue de Monceau, qui me les renvoyait à nouveau portable (en 1971 en Algérie pour cause de pénurie pas de chaussettes dans les pauvres magasins) et voilà c’est maintenant moi la grand-mère qui ravaude les vêtements mais aussi les clubs en lin ….
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Comme je te comprends !
Ta soeur et ses rapièçages d’artiste sont magnifiques !
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