Ballon

Je sais, vous en avez par dessus la tête, mais les mots ne me laissent pas en paix.

Par quel bizarre hasard nous sommes-nous trouvés sur la Butte aux Cailles, le jour de la finale ?

Nous voici, tentant d’arpenter la rue de la Butte aux Cailles entre des amas de supporters formant une chorale improbable et déconcertante de musique contemporaine.

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Une fenêtre de rez-de-chaussée ouverte, écran tourné vers l’extérieur, quelques chaises et une bonne centaine de spectateurs.
Nager le crawl dans une foule au moment d’un but et devoir se boucher les oreilles.
Suivre l’évènement sur un écran de loin et finir par comprendre que les frémissements inquiets surgissent quand la caméra filme à droite et que les acclamations qui montent grimpent augmentent jusque ce niveau douloureux qui vous enveloppe vous happe vous submerge pour parfois s’éteindre dans une vague protestation ou au contraire exploser dans un hourra arrosé de multitudes gouttelettes de bières et de sauts incontrôlables quand  l’image se dirige vers la gauche.

Nul ballon, je suis trop loin.

D’ailleurs, perplexe, je n’arrive pas à comprendre comment un ballon peut générer un évènement politique majeur et international.
Comment ça, ce n’est pas de la politique ?
Mais alors, pourquoi chantent-ils la marseillaise avec cet enthousiasme communiquant ? A ce propos, quand se décideront-ils à transformer notre hymne national révolutionnaire guerrier et agressif en un chant bienveillant et solidaire ?

Mais quand même, quelle magie, cet emportement de la foule !

Merci de signer votre commnentaire