Une heure d’attente.
J’aime cette gare. C’est vivant, animé, mouvant, coloré, tous les continents sont là, bien que les asiatiques soient nettement sous-représentés (60% de la population mondiale, ce qui est loin d’être le cas ici), tous à attendre, traîner, rêver, travailler, grignoter, courir, sortir, entrer partir revenir…
Je m’installe m’adosse contre une rambarde, c’est l’heure de la sieste et j’observe, tout en bas, les banlieusards utiliser les guichets de sortie, les habitués, sûrs d’eux qui passent sans s’arrêter, ceux qui essayent vainement d’insérer le billet dans la borne, ceux qui cherchent leur ticket et bloquent les autres, ceux qui resquillent, arrivent l’air de rien et se glissent se faufilent derrière un porteur de billet, ceux qui prennent des risques, passent à 3 ou même à 4, les 3 filles qui passent derrière leur mère en courant et éclatent de rire de l’autre côté, mais aussi, la valise bleue qui dégringole les marches en bois et atterrit dans un grand bruit, silence inquiet généralisé d’à peine une seconde et le fond sonore reprend, magma de voix de cris de machines, les hurlements des enfants haut perchés, une alarme. Il y a aussi celles scotchées à leur téléphone, t’es où, toi, moi je suis là, mais non, là et toi, celle qui vérifie sa coiffure dans une vitre de pub, les femmes africaines, somptueuses et voluptueuses dans leurs boubous bariolés, ventres rebondis, bijoux or, les femmes voilées de noir, les bébés qui dorment, inconscients dans les bras des parents et ceux qui s’inquiètent, est-ce qu’on va avoir un train, pourquoi le quai ne s’affiche pas, c’est grève aujourd’hui, non seulement ce soir, celle qui arrive en courant avec son violoncelle devant le quai vide, trop tard…
On ne s’ennuie jamais, ici.




Comme toi j’aime cette gare , j’aime les gares, un peu près pour les mêmes raisons que toi… Tu en parles bien… bravo pour tes écrits.
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