Terre rare. C’est poétique.
Si on ne sait pas ce que c’est.
Si on ne sait pas que ce terme englobe dix sept métaux très stratégiques aux noms exotiques mélangés dans la terre, si on ne sait pas que leur extraction et leur séparation pose un problème environnemental important, que la Chine en est le principal et presque exclusif producteur, que ces métaux nous permettent de regarder Colombo et de faire ce que vous êtes en train de faire (utiliser un ordi ou un smartphone pour lire ces quelques lignes), que c’est devenu un véritable enjeux économique, qu’on évoque des gisements sur les pôles (le regard envieux des états et des industriels sur les pôles me terrifie), si on ne sait pas que c’est un risque conséquent de conflit.
Il vaut mieux éviter de creuser, même si on découvre de nouveaux gisements à 6000 mètres de profondeur sous la mer.
Moi aussi, j’ai mes terres rares, elles sont dans mon jardin, j’ai la terre des tomates délicieuses, celle des mousses sur les anciennes pierres du fournil, celle de l’orchidée, au fond du jardin, juste à coté de ma chaise à méditer, la terre des hellébores qui illuminent les hivers gris et pluvieux, la terre des orties et des liserons, toutes sortes de terres, rares parce que si précieuses.
